Quel avenir pour le label "entreprise du patrimoine vivant" ?


Ayant interrogé le Ministre de l'Economie, des finances et de la Relance, par le biais d'une question écrite, sur l'avenir du label "entreprise du patrimoine vivant" (EVP) en juillet 2019, je viens de recevoir sa réponse.


Pour rappel, ce label a pour objectif, après une instruction nationale rigoureuse, de récompenser des entreprises emblématiques de l'excellence française, industrielle ou artisanale, pour une durée de cinq ans. Ce label est la seule distinction récompensant les entreprises françaises pour l'excellence de leurs savoir-faire, notamment dans les métiers d'art, du luxe, de l'industrie, de l'aéronautique et de la gastronomie.


Nombre de métiers sont concernés en raison de leurs méthodes de travail expertes, de la rareté de leurs équipements et de leur portée culturelle. Les critères du label qui portent sur la maîtrise de savoir-faire avancés, sur le dynamisme économique de l'entreprise, son aptitude à s'adapter, à innover, à former, permettent de souligner nettement la haute valeur ajoutée d'une fabrication « made in France d'excellence » aux yeux des acheteurs et clients internationaux valorisant efficacement les entreprises françaises face à la concurrence mondiale.


Plus de 1 400 entreprises sont aujourd'hui labellisées, pour un coût pour l'État de l'ordre de 700 000 € par an. Trois députés en mission, dans leur rapport transmis au Premier ministre en décembre 2018 « France, métiers d'excellence », ont souligné l'importance et la qualité de ce label, rappelant que « l'ensemble des personnes auditionnées ont salué le caractère exceptionnel du label Entreprise du Patrimoine Vivant (EPV) ».


La France est riche d'un grand nombre d'entreprises industrielles, innovantes et artisanales maîtrisant des savoir-faire d'excellence qui sont autant d'ambassadeurs de l'identité culturelle de nos territoires. Le Label EPV est un des symboles de cette force.


80% des entreprises labellisées "entreprise du patrimoine vivant" exportent. Pour 16% d'entre elles, les marchés internationaux sont majoritaires dans l'activité de l'entreprise.


Inquiète qu'il soit envisagé par les services du ministère que la délivrance du label soit décentralisée et confiée aux préfectures, après une instruction régionalement réalisée par des organismes certificateurs privés, je crains, comme nombre de professionnels détenteurs du label EPV, qu'un tel dispositif mette en péril la valeur qui a forgé sa notoriété au fil des années grâce à la rigueur et l'objectivité des critères de sélection appliqués par la commission nationale des EPV.


Je souhaitais donc connaître les intentions du Gouvernement s'agissant de l'instruction réalisée par un opérateur national permettant une objectivité et une cohérence de l'ensemble des dossiers instruits, ainsi que de la composition de la commission nationale, constituée de dirigeants, d'experts métiers en poste au sein d'entreprises.


=> Voir la réponse du Ministre ici.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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