Fin des spectacles avec animaux sauvages



A l'invitation de mon collègue Arnaud Bazin, Sénateur du Val d'Oise, j'ai cosigné un courrier adressé à Elisabeth Borne, Ministre de la Transition écologique et solidaire, pour que soit mis fin aux spectacles avec animaux sauvages.


Au-delà d'une question de bien-être animal, il s'agit d'une capacité à être humain.


En 2020, dans les cirques et les parcs aquatiques, des êtres vivants sont exploités dans des conditions inappropriées compte tenu de leurs caractéristiques d’espèces, contraints d’exécuter des exercices incompatibles avec leurs capacités anatomo-physiologiques.


L’intention initiale n’est pas forcément mauvaise. Mais, en 2020, les justifications ne sont plus opposables :


  • Il est avéré que la douleur est ressentie par de nombreuses espèces animales et probablement par tous les vertébrés (mammifères, oiseaux, poissons, reptiles) (LFDA, 2012) et les céphalopodes (poulpes, méduses…) (Elwood, R.W., 2011).

  • Les données scientifiques, dont la quantité est garante de leur valeur significative, convergent : qu’elles exposent les incompatibilités physiques, anatomiques, éthologiques ou psychologiques des espèces sauvages captives dans les cirques et les parcs aquatiques, toutes s’accordent à démontrer et à prouver ce qu’au fond beaucoup pressentaient, et même savaient : ces situations sont génératrices de souffrance (Wemelsfelder, F., 1993 ; Huchard E., 2018 ; Bourdin M., 2018)

  • L’accès à la connaissance n’est plus limitée à ceux qui voyagent : les moyens d’information, minimalistes d’alors sont omniprésents aujourd’hui. D’un écran par foyer en 1960, sans documentaire « exotique », on en compte sept aujourd’hui et les programmes animaliers sont légions (Gaon T, 2018).


Quel regard portons-nous aujourd’hui sur ces zoos humains qui existaient jusqu’en 1958 et sur ces chirurgies réalisées sans anesthésie sur les nourrissons jusqu’en 1987 ?


Prenons du recul et regardons-nous, le nez collé à une grille ou assis sur un banc, rire et applaudir devant ce que nous savons maintenant être de la souffrance.


N’attendons pas 60 ans, n’attendons pas 30 ans.


Ne nous laissons pas distancer par la connaissance. Prenons la juste mesure de ce que la science apporte à notre conscience. Evitons d’être dans quelques années l’objet d’incompréhensions, voire une honte pour les enfants d’aujourd’hui faute de ne pas avoir su réaliser le moment où l’évidence prend le pas sur l’opposition.


Il est temps de mettre en œuvre des mesures de fond et non plus ces subterfuges que sont les dispositions palliatives comme les aménagements zootechniques.


Nous qui avons cette chance, en France, de pouvoir avoir de telles préoccupations, prenons en main ces démarches écologiques évolutives qui témoignent de notre considération pour le vivant ne serait-ce que par considération pour tous ceux qui n’ont pas ce privilège. Pour tous ceux dont le quotidien ne laisse pas la place à une autre ambition que celle de survivre, nous devons être les premiers à agir.


Si nous ne savons pas ici et maintenant agir pour le respect du vivant, nous prouvons notre incapacité à prendre en compte les plus faibles dans notre propre espèce.


Alors, commençons par respecter le vivant et par être fiers de l’affirmer. Et montrons à tous que l’exhibition de la souffrance n’est plus compatible avec nos connaissances et nos valeurs.


Avoir de la considération pour ceux qui ne sont ni des proches, ni des êtres menaçants, ni des êtres dont on peut tirer profit, c’est peut-être cela qui nous différencie des animaux, c’est en tout cas cela qui participe de notre humanité.


Mettons enfin un terme aux spectacles d’animaux sauvages.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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