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Audition de Benoît Guidée, directeur d’Asie et d’Océanie du ministère de l’Europe et des affaires étrangères

  • Photo du rédacteur: Catherine DUMAS
    Catherine DUMAS
  • il y a 2 jours
  • 2 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 10 heures


L’Asie et l’Océanie sont désormais au cœur des recompositions mondiales. C’est ce qu’a confirmé l’audition de Benoît Guidée, directeur d’Asie et d’Océanie du ministère de l’Europe et des Affaires étrangères, que j’ai présidée au nom de Cédric Perrin, président de la Commission des Affaires étrangères, de la défense et des forces armées du Sénat, le 11 février dernier.


Cette audition a permis de rappeler le rôle stratégique majeur de cette région, marquée par l’affirmation de la puissance chinoise, la persistance de fortes tensions régionales et l’intensification des rivalités géopolitiques.


Cette rencontre s’inscrit dans le cycle consacré aux grandes zones géographiques, après celles sur les Amériques et le Moyen-Orient. La zone couverte par la direction Asie-Océanie est immense, de l’Afghanistan à la Polynésie, de la Corée du Nord à l’Australie, et concentre aujourd’hui une grande partie des tensions internationales.


La Chine occupe évidemment une place centrale dans cette analyse stratégique. Démonstration de force militaire lors du défilé de septembre 2025, simulation de blocus de Taïwan en décembre, discours affirmant une ambition de « nouvelle puissance globale » : Pékin assume désormais un rôle structurant dans la recomposition de l’ordre mondial.


Dans ce contexte, une question demeure essentielle : que pèsent l’Europe et la France dans la recherche d’un rééquilibrage politique et économique de nos relations avec la Chine ?


Mais l’actualité régionale ne se limite pas à Pékin. Les conflits récents entre l’Inde et le Pakistan, puis entre le Cambodge et la Thaïlande, rappellent la fragilité de la stabilité asiatique, y compris entre partenaires d’instances régionales comme l’ASEAN.


La France est directement concernée, par son partenariat stratégique avec l’Inde et par son histoire en Indochine. Elle peut et doit contribuer à la recherche de solutions pacifiques.


Enfin, cette audition a permis d’évoquer notre stratégie indopacifique. Nos ambitions y sont élevées, mais nos moyens limités. Dans un espace de plus en plus polarisé entre les États-Unis et la Chine, la France doit continuer à faire valoir une voie autonome, fondée sur le dialogue, le multilatéralisme et la stabilité régionale.


Cette audition a ainsi confirmé combien l’Asie-Océanie est devenue un théâtre majeur des équilibres internationaux, et combien la diplomatie française doit y défendre une présence lucide, crédible et constante.

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