Visite de la maison Odiot, maître de l'Orfèvrerie depuis plus de trois siècles


J'ai eu la chance de visiter la boutique Odiot, orfèvre depuis 1690. Accompagnée de son président, Patrick Piard, à la tête d'un groupe familial détenteur d'entreprises d'excellence, j'ai pu découvrir l'étendue du savoir-faire de cette maison d'exception.


La maison Odiot a acquis sa notoriété sous Louis XV avec Jean Baptiste Odiot, reconnu comme l'un des meilleurs orfèvres de son temps. Fournisseur royal, il dispose d'un savoir-faire exceptionnel en matière de création de couverts en métaux précieux.


La réputation de la maison sous l'Empire a permis au petit-fils du fondateur de devenir le fournisseur des cours à travers toute l'Europe. Cette notoriété ne s'est jamais démentie puisque l'héritage familial perdurera au début du XXe siècle, Odiot étant le fournisseur de la famille impériale russe.


Ce savoir-faire a traversé le temps jusqu’à aujourd'hui. La Maison dispose d'une inestimable collection de moules et de dessins issus des commandes prestigieuses.

Les collections d'arts de la table sont façonnées dans leurs ateliers situés dans l'Essonne, selon la tradition de la Haute Orfèvrerie.


Cet immense héritage se ressent aujourd'hui. La Maison Odiot est l'une des dernières à réaliser entièrement des pièces d'orfèvrerie qui nécessitent près d'une centaine d'heures de travail.


L'atelier est composé d'une équipe d'artisans d'art qui trouvent leur inspiration dans la collection de dessins de la Maison.



Plusieurs corps de métiers se succèdent pour créer une pièce d'orfèvrerie : fondeur, planeur, tourneur-repousseur, ciseleur, l'orfèvre au marteau, le monteur, le polisseur et l'argentier-doreur.


Pour la fabrication de ses couverts, le geste n'a quasiment pas changé depuis trois siècles. L'artisan exécute un travail long et minutieux pour aboutir à la fabrication d'un couvert. L'alliage utilisé, fondu en lingots, est laminé aux différentes épaisseurs nécessaires à la fabrication des couverts, puis découpé en flans. Chaque flan est cambré puis estampé sur une matrice en acier, sur laquelle a été gravé, en réserve, le décor du couvert. Le couvert est ensuite ébarbé, puis repris en ciselure afin d'affiner les détails du décor. A la fin, les opérations d'avivage et de polissage donnent à la matière son éclat et sa brillance. Afin de renforcer les contrastes et relever les détails des couverts, une patine artificielle peut également être appliquée. Puis, lorsqu'une finition vermeil est choisie, une pellicule d'or 24 carats est alors appliquée sur le couvert en argent massif.


Le style unique de cette maison, reconnaissable au célèbre poinçon [le poinçon de la Minerve, poinçon de l'Etat français, garantit la pureté de l'argent ; le poinçon de maître, garantit l'authenticité], et à la complexité dans l'exécution de chaque pièce, de la petite salière à la grande soupière, lui donne ce caractère unique, lui assurant cette notoriété qui a traversé le temps.


Bravo à ce chef d'entreprise, ayant à cœur de fédérer des entreprises de métiers d'art, pour protéger et développer leur savoir-faire unique, et à tous les salariés, artisans talentueux qui entretiennent le savoir-faire français, symbole de rayonnement !



=> Visionnage d'une vidéo de la Maison Odiot


=> Article de La Gazette Drouot

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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