top of page

Clôture de la 30e édition du Forum européen de la propriété intellectuelle

  • Photo du rédacteur: Catherine DUMAS
    Catherine DUMAS
  • il y a 5 jours
  • 3 min de lecture

Dernière mise à jour : il y a 1 jour

Aux côtés de Delphine Sarfati-Sobreira. Directrice générale de l'UNIFAB, et de François Kalfon, député européen
Aux côtés de Delphine Sarfati-Sobreira. Directrice générale de l'UNIFAB, et de François Kalfon, député européen

Les 26 et 27 mars 2026, le Pavillon Dauphine a accueilli la 30ᵉ édition du Forum européen de la propriété intellectuelle, organisée par l’UNIFAB.


Un rendez-vous désormais incontournable, qui a une nouvelle fois réuni juristes, avocats, professionnels de la propriété intellectuelle et dirigeants de PME venus du monde entier.


Cette édition anniversaire s’est inscrite dans un contexte particulièrement exigeant, autour d’un thème au cœur de nos préoccupations contemporaines : "Géopolitique, législations, technologies… et même vocabulaire ! Quelles nouvelles influences sur la propriété intellectuelle ?".


J’ai eu l’honneur de clôturer ces deux journées d’échanges d’une grande richesse, à la fois stimulantes et parfois préoccupantes.


Car une réalité s’impose : la propriété intellectuelle est menacée.



  1. Une contrefaçon en pleine mutation


Les discussions de ce Forum ont mis en lumière l’évolution profonde de la contrefaçon. Elle n’est plus seulement visible ou marginale : elle est aujourd’hui multiforme, mondialisée et en constante adaptation.


Elle se nourrit : des tensions géopolitiques et économiques, des transformations technologiques, et de l’essor des plateformes numériques et de l’intelligence artificielle.


Mais cette menace n’est pas uniquement lointaine ou virtuelle.


Elle s’incarne aussi dans notre quotidien. À Paris, capitale mondiale de la création, du design et du luxe, la présence de vendeurs à la sauvette aux abords de nos monuments ou dans les transports rappelle que la contrefaçon est une réalité tangible.


Une réalité qui porte atteinte : à l’image de notre pays, à la sécurité des consommateurs, et au travail de celles et ceux qui créent, innovent et entreprennent.


  1. Un combat ancien, toujours d’actualité


Ce sujet m’engage depuis de nombreuses années. Dès 2009, dans un rapport consacré aux métiers d’art, d’excellence et du luxe, j’alertais déjà sur les dangers que la contrefaçon faisait peser sur nos savoir-faire, notre économie et notre souveraineté.


En 2026, ces menaces n’ont pas disparu. Elles se sont même renforcées.

De nouvelles pratiques émergent, à l’image du « Pingti », venu de Chine, méthode discrète mais particulièrement efficace, qui fragilise directement certaines de nos grandes maisons.


Derrière chaque produit contrefait, il ne s’agit pas seulement d’une copie : ce sont des emplois détruits, des entreprises fragilisées, des consommateurs trompés, et parfois des réseaux criminels organisés.


  1. Le rôle essentiel de la puissance publique


Face à ces enjeux, le rôle du politique est clair : anticiper, protéger et agir. C’est le sens de mon engagement au Sénat, notamment en tant que co-présidente du Comité national anti-contrefaçon (CNAC).


Ces dernières années, j’ai multiplié les initiatives pour renforcer la lutte contre ce phénomène, en particulier à l’approche d’événements internationaux majeurs comme les Jeux Olympiques et Paralympiques de Paris.


Mais, une conviction s’impose : aucun acteur ne peut agir seul. La protection de la propriété intellectuelle repose sur une mobilisation collective des entreprises, des créateurs, des institutions, et des responsables publics.


  1. Une proposition : créer un club parlementaire dédié


Dans cet esprit, j’ai souhaité profiter de cette clôture pour proposer une initiative concrète : la création d’un club parlementaire dédié à la propriété intellectuelle et à la lutte contre la contrefaçon, en partenariat avec l’UNIFAB.


Ce club réunirait députés, sénateurs et députés européens autour de trois objectifs principaux :


  • faciliter le dialogue entre le monde économique et le monde politique,

  • mieux comprendre les nouvelles formes de contrefaçon, notamment numériques et liées à l’intelligence artificielle,

  • porter des initiatives législatives adaptées aux défis contemporains.


L’ambition est claire : passer d’une logique de réaction à une logique d’anticipation.


  1. Faire de la propriété intellectuelle un enjeu d’avenir


Ce 30ᵉ Forum a démontré une chose essentielle : l’expertise, les idées et la mobilisation sont bien présentes.


Il nous appartient désormais de transformer ces échanges en actions concrètes.


Pour que la France demeure un pays de création, un territoire d’innovation, et une référence d’excellence.


Et surtout, pour garantir à celles et ceux qui créent, inventent et produisent un cadre juste, protecteur et à la hauteur de leurs talents.


Commentaires


bottom of page