Situation critique de l'Opéra national de Paris


L'institution qui a célébré l'année dernière à la fois les 350 ans de l'Académie royale de musique et les 30 ans de l'Opéra Bastille, réputée pour son savoir-faire d'excellence notamment dans la confection de costumes et de décors, traverse aujourd'hui une grave crise.

Après avoir essuyé une grève historique contre la réforme des retraites en janvier qui a provoqué l'annulation de 83 représentations -pour un coût de 15 millions d'euros-, l'Opéra national de Paris, face à la crise sanitaire liée à l'épidémie de covid-19, s'est vue contrainte de reporter 73 spectacles, entraînant 40 millions d'euros de pertes.

Actuellement toujours à l'arrêt, des travaux contraignent aujourd'hui l'Opéra Bastille à fermer jusqu'au mois de novembre et le Palais Garnier jusqu'au mois de janvier 2021.


Les difficultés financières ne sont pas nouvelles. Déjà en septembre 2016, la Cour des comptes avait préconisé plus de spectacles et pointé une dérive de la masse salariale, les charges de personnel ayant augmenté de 23,5 % entre 2005 et 2013 et pesé 70 % des dépenses de l'établissement. Les Sages de la rue Cambon suggéraient une meilleure organisation du travail des 1 700 salariés et des 200 à 250 intermittents, tout en remarquant que la simplification des textes conventionnels et du régime indemnitaire des agents ou le suivi plus rigoureux du respect des temps de travail statutaires et de l'absentéisme feraient progresser la gestion des ressources humaines.


Un plan de relance permettrait de trouver un équilibre entre les objectifs de rayonnement et d'excellence (l'établissement rivalise avec des scènes de dimension mondiale telles que le Metropolitan de New York, la Royal Opera House de Londres, la Scala de Milan ou le Bolchoï de Moscou) tout en revisitant le modèle économique afin de dégager de nouvelles recettes propres. Rappelons qu'il s'agit de la scène la plus subventionnée de France avec 95 millions d'euros par an, soit 40 % de son budget. Heureusement le soutien des mécènes connaît une progression depuis quelques années, passant de 10 à 18 millions d'euros par an.


J'ai donc interrogé le ministre de la Culture par le biais des questions écrites afin de lui demander quelles mesures le Gouvernement entendait prendre pour assurer la pérennité de la situation financière de cette prestigieuse institution à haut savoir-faire.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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