Pour une reconnaissance nationale du diplôme des compagnons niveau 3


Je viens de demander à la ministre de l'Enseignement supérieur, de la Recherche et de l'Innovation, par la voie d'une question écrite, la reconnaissance nationale du diplôme des compagnons niveau 3.


Le compagnonnage, dont l'identité remonte au Moyen-Âge, a formé des générations de maîtres-ouvriers dans tous les corps de métiers. Il a pour double but de former des hommes en même temps que des professionnels qualifiés. Il permet à chaque individu l'accomplissement de ses possibilités culturelles et professionnelles, grâce à l'exercice de son métier et à la transmission des savoirs. Les compagnons qui ont participé à la construction des cathédrales, de la Tour Eiffel, sont aujourd'hui à la pointe des réalisations les plus modernes et participent aux restaurations d'ouvrages prestigieux et aux grands chantiers contemporains. Le compagnonnage est depuis 2010 inscrit au Patrimoine culturel immatériel de l'UNESCO en tant que "réseau de transmission des savoirs et des identités par le métier".


Cette formation est spécifique puisqu'elle inclut un tour de France d'au moins sept villes et d'environ cinq ans, du postulat à l'aspirant, afin d'obtenir le titre de compagnon. A chaque échelon de l'apprentissage de son métier, le candidat doit réaliser un chef-d’œuvre qui met en valeur ses qualités et compétences professionnelles. Un jury de sept maîtres se prononce à l'issue de chaque étape. Outre le fait d'acquérir des connaissances sur son métier, ce parcours permet au jeune ouvrier d'acquérir une instruction civique et morale ainsi qu'un apprentissage de l'entraide. Cet ensemble correspond à l'idéal compagnonnique.


Je constate que le diplôme des compagnons niveau 3, équivalent d'un BTS, n'est pas reconnu par l'Etat. Pourtant cette reconnaissance leur permettrait de transmettre leur savoir en tant qu'enseignant en lycée technique.


"Permettre à l'homme de s'accomplir dans et par son métier, par le partage d'un esprit, dans une attitude d'ouverture et de transmission", tel est le but fixé par les Compagnons du Devoir. Le compagnonnage est un outil de promotion sociale, de formation et d'éducation.

Compte tenu de l'excellence de leur savoir-faire, de leurs compétences, de leur expérience et de leur attachement à la transmission, il serait regrettable de ne pas permettre à ces professionnels d'enseigner en lycée technique.


Il apparaît donc légitime que l'Etat reconnaisse leur diplôme. J'espère que le gouvernement sera sensible à cette demande.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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