Pour que "Maîtres d'art" et "MOF" puissent intervenir sur les restaurations des musées de France



Alors qu'il convient en ces temps de crises sanitaire et économique d'aider les artisans détenteurs d'un savoir-faire unique et précieux, j'ai été alertée sur une étonnante situation qu'il conviendrait d'assouplir. En effet les Maîtres d'art et Meilleurs Ouvriers de France (MOF), lorsqu'ils ne peuvent se prévaloir, d'un parcours universitaire (c'est le cas pour un grand nombre d'entre eux), se voient refuser la possibilité de répondre aux marchés publics spécifiques à la restauration des biens culturels des musées de France.

Or les Maîtres d'art et les Meilleurs Ouvriers de France sont des titres prestigieux décernés à des professionnels d'excellence maîtrisant des techniques et des savoir-faire exceptionnels, et sensibles à la transmission de leurs savoirs. Leur profil propose un éventail de compétences théoriques et techniques uniques qui devrait être davantage reconnu.


Ainsi le titre de "Maître d'art", inspiré par les "Trésors nationaux vivants" du Japon, récompense un professionnel des métiers d'art possédant un savoir-faire remarquable et rare. Reconnu par ses pairs pour son expérience, son expertise et ses compétences pédagogiques, il doit être capable de transmettre ses connaissances et son tour de main à un élève afin qu'il les perpétue. 132 Maîtres d'art ont été nommés dans 95 spécialités depuis la création du titre en 1994.


Le titre de "Meilleur Ouvrier de France" est décerné par catégorie de métiers dans un concours entre professionnels, organisé depuis 1924 et reconnu par le ministère du Travail. Dans cette épreuve spécifique de l'approche de la perfection, le candidat dispose d'un temps donné et de matériaux de base pour réaliser un chef-d’œuvre. La méthode choisie, l'organisation, le geste, la rapidité, le savoir-faire et le respect des règles du métier sont contrôlés par le jury autant que le résultat. Moins de 10 % des candidats sont retenus et le candidat récompensé conserve son titre à vie.


De nombreuses entreprises des métiers d'art et du patrimoine risquent de souffrir dans les prochains mois des répercussions de la crise actuelle. Pourquoi ne pas les aider et les faire perdurer ? J'ai donc demandé au ministre de la Culture d'assouplir les dispositions de la loi du 4 janvier 2002 et du décret du 25 avril 2002 qui encadrent les possibilités d'intervention en matière de restauration sur les collections des musées de France.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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