Lutte contre toutes les formes d'antisémitisme : le Sénat a adopté une proposition de résolution


Mardi 5 octobre, le Sénat a examiné, à la demande de notre groupe Les Républicains, la proposition de résolution portant sur la lutte contre toutes les formes d'antisémitisme, présenté par les Présidents Bruno Retailleau, Groupe Les Républicains, et Hervé Marseille, Groupe Union centriste, que j'ai évidemment cosignée avec de très nombreux collègues.


Cette proposition de résolution rappelle la détermination du Sénat à lutter contre l'antisémitisme sous toutes ses formes. Elle évoque la définition de l'antisémitisme proposée par l'Alliance internationale pour la mémoire de l'Holocauste (IHRA), selon laquelle "l'antisémitisme est une certaine perception des Juifs qui peut se manifester par une haine à leur égard. Les manifestations rhétoriques et physiques de l'antisémitisme visent des individus juifs ou non et/ou leurs biens, des institutions communautaires et des lieux de culte".


Le Président Bruno Retailleau, auteur de la proposition de résolution, a fait une remarquable intervention. Il a rappelé qu'il y a 41 ans, le 3 octobre 1980, une bombe explosait rue Copernic, faisant des dizaines de blessés et des morts près d'une synagogue -une première depuis la seconde guerre mondiale. Malheureusement ce ne fut pas la dernière fois : depuis, les actes antisémites se sont multipliés, avec les crimes abominables de Mohammed Merah et les supplices d’Ilan Halimi, de Sarah Halimi, de Mireille Knoll.


Sept Français de confession juive sur dix disent avoir subi un acte antisémite ! La question de l’antisémitisme se pose à nouveau, mais dans des termes différents. Hier issu de l’extrême droite, il procède aujourd’hui d’un autre écosystème : des territoires perdus de la République, gagnés par l’islamisme, où l’on ne peut plus enseigner la Shoah, où nos compatriotes se voient cracher au visage ces mots terribles : « sale juif ».


Combien d’élèves juifs restent dans les écoles publiques ? Combien de familles ont-elles dû s’exiler, la peur au ventre ?


Avant la guerre, cette idéologie s’affichait dans des journaux antidémocratiques. Aujourd’hui, elle se cache derrière des discours prétendument antiracistes, renversant de manière stupéfiante les valeurs : les coupables seraient les victimes, car appartenant à des groupes dominés.


Non, hier comme aujourd’hui, un antisémite est un antisémite. Il ne faut rien céder. On ne combat bien que ce que l’on nomme bien. (…)


Mon collègue Roger Karoutchi, Vice-Président du Sénat et Président du groupe d'amitié France-Israël, a également pris la parole pour expliquer que nous faisions face à un antisémitisme protéiforme : celui, traditionnel, des séides de l’extrême droite néonazie ; celui, insupportable, de ceux qui prétendent que Pétain a livré les juifs étrangers à la déportation pour protéger les juifs français, comme s’il y avait une gradation…


Selon lui, ce sont l’éducation et les médias, et non le législateur, qui devraient être en première ligne.


Antisémitisme avoué, inavoué, revendiqué, anonyme, sur les réseaux sociaux, dans la rue… Jusqu’où ?


Cette proposition de résolution est en réalité un appel au Gouvernement. Les textes de loi ne suffisent pas : il faut les appliquer, punir sévèrement les réseaux sociaux lorsqu’ils laissent déborder la haine antisémite. Personne ne doit être inquiété pour sa religion dans ce pays.


La proposition de résolution, que j’ai votée, invite le Gouvernement, dans un travail de pédagogie, à diffuser cette définition auprès des services éducatifs, répressifs et judiciaires.


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=> Consulter le compte rendu analytique des débats



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