La diplomatie culturelle et d'influence débattue en commission des Affaires étrangères


Au cours de notre réunion de la commission des Affaires étrangères, de la Défense et des Forces armées, présidée par Christian Cambon, nous avons examiné cinq rapports pour avis dans le cadre du projet de loi de finances pour 2022.


Parmi ces avis budgétaires, tous rendus au titre de la mission "Action extérieure de l'Etat", le programme 185, présenté par mes collègues Ronan Le Gleut, Sénateur représentant les Français établis hors de France, et André Vallini, Sénateur de l'Isère, est consacré à la Diplomatie culturelle et d'influence.


Celle-ci est devenue un enjeu majeur du XXIème siècle. Les luttes d’influence constituent un enjeu majeur au plan international, avec la mondialisation et l’importance toujours plus grande du numérique.

D’un montant de 731 millions d’euros, le budget de ce programme 185 a augmenté de 2 % par rapport à l’an dernier. Cette évolution est bienvenue puisque nous devons muscler notre « soft power » français.


L’enseignement français à l’étranger et notre réseau culturel figurent parmi les « grands services » du Ministère de l’Europe et des Affaires étrangères. Ainsi, l’Agence pour l’Enseignement Français à l’Etranger (AEFE) gère les 543 lycées français présents partout dans le monde.


Pour le volet culturel, notre pays compte 92 instituts français et 832 alliances françaises.

Enfin, s’agissant de l’accueil des étudiants étrangers en France, il faut noter que nous sommes passés du 3e au 7e rang en dix ans des pays d’accueil. Alors que nous étions auparavant le 1er pays non anglophone, nous sommes désormais devancés par l’Allemagne, la Russie et le Canada.

Le tourisme est également un acteur majeur de cette stratégie d’influence, à travers Atout France et l’accueil de touristes internationaux dans notre pays.

Après la forte chute de l’activité touristique engendrée en 2020 par la pandémie de Covid-19, le tourisme est aujourd’hui à un moment décisif. La dernière saison estivale a permis une reprise, avec des résultats qui restent en retrait par rapport en 2019, mais sont moins dégradés qu’en début d’année.

  • Les projections pour 2021 conduisent à évaluer à 50 millions le nombre de visiteurs internationaux accueillis en France sur l’année, après 40 millions en 2020 mais 90 millions en 2019. Pour mémoire, une cible de 100 millions de touristes internationaux avait été fixée pour 2020, avant la pandémie ;

  • La France a généré 28,7 milliards d’euros de recettes touristiques internationales en 2020, en retrait de l’objectif de 60 milliards d’euros de recettes fixé pour 2020 avant la pandémie, après 57 milliards d’euros en 2019 (soit une baisse de 50 %).

Alors qu’Atout France s’adresse habituellement à des publics internationaux, l’agence s’est adaptée en recentrant son activité sur des campagnes de promotion de la destination France auprès :

Comme c’est le cas pour beaucoup d’agences homologues à l’étranger, qui mettent en place des plans de relance de grande ampleur (Grèce, Italie, Suisse, Espagne…et Autriche pour la destination hiver, les rapporteurs préconisent que l’agence Atout France puisse bénéficier de davantage de visibilité quant à l’évolution de ses moyens dans le temps. Pour exemple, l’Espagne prévoit d’investir 35 millions d'euros, alloués sur 5 ans.


Notre commission recommande donc que les moyens de l’agence Atout France soient confortés afin de ne pas rater le tournant de la relance touristique. Cette relance doit être quantitative mais aussi qualitative pour s’adapter aux nouvelles pratiques et permettre à notre pays de conserver son rang dans ce secteur économique dont l’importance est majeure.


En ma qualité de membre du comité interministériel du tourisme, j’y serai attentive.

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