Dégradation des conditions de vie des familles monoparentales durant la crise sanitaire


Christine Kelly, journaliste et ex-membre du Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA), fondatrice et présidente de l'association K d'urgences, m'a alertée sur la dégradation des conditions de vie des familles monoparentales durant la crise sanitaire. J'ai donc immédiatement relayé son inquiétude auprès du Gouvernement par le biais des questions parlementaires.


En effet, jamais les inégalités économiques et sociales n'auront été plus visibles que durant la période de confinement que nous venons de traverser. Ce dispositif d'isolement de la population a eu pour conséquence de dégrader les conditions de vie de millions de ménages, parmi lesquelles de nombreuses familles monoparentales. Au sein de ces familles monoparentales, 13 % d'entre elles sont réellement seules : les veufs, les veuves et les abandons de famille.


L'institut national de la statistique et des études économiques (INSEE) a publié une étude en avril qui a mis en lumière les fortes disparités qui traversent aujourd'hui notre société en matière de logement et d'isolement. L'institut estime que cinq millions de personnes vivent dans un logement sur-occupé. Il manquerait à un ménage au moins une pièce par rapport à une occupation jugée normale (soit une pièce de séjour, une pièce pour chaque personne) par rapport à la taille de cette famille. Cette suroccupation se concentre dans les grandes agglomérations et touche principalement les ménages les plus modestes dont les familles monoparentales.


De nombreux parents célibataires ont dû affronter des difficultés financières liées à des pertes de revenus (nombre d'entre elles ont été contraintes d'interrompre leur activité professionnelle faute d'aide pour garder les enfants), aggravées parfois par le non-versement des pensions alimentaires. Alors qu'elle devait permettre à la caisse d'allocations familiales (CAF) de recouvrer directement les pensions sur les comptes du parent payeur en cas d'impayé, la réforme des pensions alimentaires initialement prévue le 1er juin a été ajournée.


Le confinement a retiré aux parents célibataires de nombreux appuis tels que les associations d'entraide, les banques alimentaires, les écoles et modes de gardes. Ils ne disposaient pas de ces soutiens que sont les amis, le travail, les grands-parents, la crèche ou l'école. Les parents se sont retrouvés à tout gérer seuls, sans oublier la gestion du stress quant à l'incertitude qui plane sur les emplois ou les angoisses extrêmement fortes liées à l'épidémie.


Il est regrettable que les familles monoparentales soient l'angle mort des politiques sociales.

Il serait utile de réfléchir à un dispositif qui permette à l'avenir de recevoir de la visite ou de l'aide à domicile. J'ai donc interpellé le Secrétaire d'Etat auprès du Ministre des solidarités et de la santé afin que le Gouvernement prenne en compte la situation de détresse de ces familles, pour qu'elles soient considérées comme faisant partie des personnes vulnérables de la même manière que les personnes isolées.

Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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