Culture : conséquences de l'épidémie de Covi-19 pour le secteur Médias audiovisuels


Nous le savons, l'épidémie de Covid-19 a provoqué de nombreuses turbulences économiques en France, et le secteur de la culture est fortement touché. Ainsi le cinéma et l'audiovisuel connaissent des pertes conséquentes. Les spécialistes estiment que le secteur audiovisuel pourrait perdre un milliard d'euros à cause de la crise sanitaire qui a paralysé notre pays.


A l'occasion de notre réunion hebdomadaire en commission de la Culture présidée par la Sénatrice Catherine Morin-Desailly hier, j'ai échangé avec mes collègues dont le rapporteur de ce groupe de travail le Sénateur Jean-Pierre Leleux, sur la chaîne d'information publique en continu France Info, sur les conséquences financières pour les tournages et sur les difficultés rencontrées pour les doubleurs et les métiers de post-production en général, qui ont été pour la grande majorité d'entre eux totalement à l'arrêt dès la mi-mars.


S'agissant des tournages, à Paris par exemple ils ont été tous suspendus à partir du 16 mars. Au total cela représente une centaine de tournages qui ont été arrêtés en fiction, documentaire. Chaque mois d'arrêt représente une perte potentielle de 100 millions d'euros de chiffre d'affaires. La question des conditions de reprise des tournages et celle des surcoûts liés au redémarrage dans le respect des nouvelles mesures sanitaires est essentielle. Il faut assumer des coûts imprévus qui peuvent s'avérer élevés : recommencer les préparations, obtenir des autorisations administratives pour tourner, organiser les déplacements des équipes, réinstaller les décors, relouer des lieux de tournage, sans oublier la nouvelle organisation du travail avec des équipes plus réduite et des délais de tournage plus longs. Face à ce nouveau type de catastrophe qui risque de se produire à l'avenir, le rapporteur Jean-Pierre Leleux a avancé l'idée de réfléchir à un modèle de protection inspiré de celui de la garantie pertes d'exploitation pour risque de catastrophe naturelle, apparue il y a une trentaine d'années seulement. De nouveaux modèles de protection des risques sont à imaginer.


Pour le métier de doubleur, le confinement imposé dans tout le pays a stoppé net cette activité. Certaines chaînes de télévision ont même dû interrompre la diffusion de séries étrangères durant cette période, faute de comédiens disponibles pour assurer le doublage en studio. Alors que ce marché était en plein essor depuis quelques années avec la multiplication des séries et des plateformes (on estimait le chiffre d'affaires du marché du doublage et sous-titrage à 100 millions d'euros en 2017, en hausse de 20 % en deux ans), nous nous sommes interrogés sur la manière dont ces métiers de post-production allaient opérer la reprise de leur activité.


Puis nous avons soulevé la question de la chaîne France Info qui a connu de mauvaises audiences durant cette période. Selon ses responsables, cela serait dû au positionnement lointain de la numérotation (canal 27 de la TNT) qui lui serait défavorable par rapport à ses concurrentes. La question du manque de moyens semble être un autre élément d'explication, sans totalement convaincre le groupe de travail qui a demandé en retour davantage de transparence sur le sujet.


J'ai enfin souhaité souligné le rôle exemplaire tenu par la chaîne France 4 durant toute cette période. En adaptant sa grille de programme pour proposer des cours pédagogiques à destination des élèves qui ont été un vrai succès, elle a réaffirmé sa mission de service public pour la jeunesse et pour l'éducation. Alors que son avenir semblait compromis, il faut plaider pour son maintien à l'antenne.



Catherine DUMAS

Sénatrice de Paris

Conseillère de Paris - élue du 17e

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