Convention nationale LR sur la santé


Hier s'est tenue une convention nationale de notre famille politique consacrée à la santé.

Autour du Président Christian Jacob, plusieurs élus et intervenants ont pris part à la réflexion pour avancer des propositions : Annie Delmont-Koropoulis, sénatrice de Seine-Saint-Denis, médecin, Jean-Pierre Door, député du Loiret, cardiologue, Philippe Juvin, maire de la Garenne-Colombes, professeur de médecine, chef des Urgences à l'Hôpital Georges-Pompidou, Frédéric Bizard, économiste, spécialiste des questions de protection sociale et de santé, et président de l'Institut Santé et Jean-Paul Ortiz, Président de la Confédération des Syndicats Médicaux Français (CSMF).


En France, la gestion de la santé publique est trop centralisée et technocratique, et dépourvue de vision stratégique, alors que le déficit de la Sécurité sociale est estimé à plus de 44 milliards d'euros en 2020 (dont 15 milliards d'euros dus à la crise sanitaire), que la médecine scolaire et la médecine du travail sont laissés totalement en déshérence.


En outre, près de 34 % des effectifs des hôpitaux ne sont pas des soignants, contre 22 % en Allemagne, tandis que 3,8 millions de Français vivaient, en 2018, dans une zone sous-dotée en médecins généralistes, contre 2,5 millions en 2014.


A partir de ces constats, voici les trois grandes propositions présentées par Les Républicains pour repenser notre système de santé :

  1. Refonder le système de santé

  2. Rendre le système de santé plus performant et plus juste

  3. Renforcer la souveraineté de la France en matière de santé


REFONDER LE SYSTÈME DE SANTÉ


Faire du ministère de la santé un ministère régalien qui doit définir une véritable stratégie nationale de santé publique

  • en instaurant une loi de programmation sanitaire à cinq ans pour planifier les objectifs prioritaires et allouer les ressources indispensables à leur réalisation dans la durée ;

  • en mettant fin à l'émiettement de l'action de l'Etat par le regroupement des 32 agences, opérateurs sanitaires, instances d'expertises...en une Agence Sanitaire Nationale, bras armé de l'Etat sanitaire, qui aurait pour mission de définir les grandes orientations stratégiques nationales en matière de santé, votées par le Parlement.

Mettre en œuvre une véritable politique nationale de prévention, en augmentant le budget dédié à la prévention pour atteindre 3 % de nos dépenses de santé.


Territorialiser la mise en œuvre de la stratégie nationale de santé au plus près de nos concitoyens en faisant présider le conseil de surveillance de l'ARS par le président de la région, en lien étroit avec le préfet.


Débureaucratiser les hôpitaux et redonner l'autonomie aux chefs des services pour recruter le personnel, acheter des équipements, réorganiser le service, mener des projets...


Revaloriser la rémunération des personnels hospitaliers en leur payant toutes les heures supplémentaires effectuées et non récupérées.


Désengorger les urgences et articuler l'hôpital avec tous les autres acteurs de la santé, en articulant mieux la médecine de ville, l'hospitalisation privée et les établissements publics.


RENDRE LE SYSTÈME DE SANTÉ PLUS PERFORMANT ET PLUS JUSTE

Lutter contre la désertification médicale :

  • en fixant des objectifs de formation des professionnels de santé adaptés aux besoins de chaque région ;

  • en favorisant le regroupement de plusieurs professionnels de santé en cabinets de groupe.

Passer la tarification de médecine générale de 25 à 35 euros, ou 40 euros, afin de se rapprocher de la moyenne européenne de 47 euros, en privilégiant l'approche par le service médical rendu au lieu de l'approche par les coûts.


Décharger les médecins libéraux des tâches administratives lourdes en leur donnant les moyens d'employer du personnel administratif afin de dégager du temps pour les patients.


Augmenter les rémunérations des infirmières et infirmiers hospitaliers et médicaux-sociaux de 300 euros mensuels nets pour arriver à la moyenne des salaires des pays de l'OCDE ainsi que le tarif de l'acte des infirmiers libéraux d'au moins 15 %.


Définir une politique nationale de santé mentale avec un pilotage interministériel (santé, éducation nationale, travail) et améliorer la prise en charge de la santé mentale et psychiatrique sur le territoire, en augmentant les moyens des ARS (Agences régionales de santé) dédiés à la santé mentale, en remboursant mieux les psychothérapies.



RENFORCER LA SOUVERAINETÉ DE LA FRANCE EN MATIÈRE DE SANTÉ


Créer un fonds souverain France investissement visant à renforcer la souveraineté de notre pays dans le domaine de la santé.


Mettre en place une Conférence Innovation Santé annuelle en réunissant responsables politiques et administratifs, patients, professionnels et laboratoires pharmaceutiques pour définir et coordonner la politique d'innovation en santé, dégager les priorités d'investissement et recenser les innovations à venir.


Faire de la reconquête de la souveraineté sanitaire de la France un objectif majeur de la politique nationale de recherche en créant un programme Recherche, innovation et transfert de technologies dans le domaine de la santé personnalisée dans la loi de finances.


Relocaliser en France la production des médicaments d'intérêt stratégique.


Attire la production des médicaments de thérapie innovante en France.


Construire une filière e-santé puissante et structurée.


Tirer les leçons de la crise :

  • se doter des moyens de surveillance et d'analyse épidémiologique moderne (métagénomique, eaux usées, séquençage...) ;

  • créer des plans d'urgences et des réserves stratégiques (masques, tests, médicaments, lits) ;

  • agir au niveau européen, en constituant une réserve sanitaire européenne, en investissant dans une véritable filière industrielle européenne de la santé ;

  • en soutenant la création d'une autorité européenne dont la mission sera de coordonner les réponses des Etats membres contre les futures crises sanitaires, de constituer des stocks de médicaments et d'équipements stratégiques, de changer les informations en temps réel afin d'améliorer la résilience des pays européens face à des crises sanitaires futures.

=> Pour lire le livret de la Convention :


=> Pour revoir la Convention :



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